Méditation

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Archives > Méditation juillet 2009
Le soufisme cœur de l'islam ;
Cheikh Khaled Bentounès,
ed.Pocket.

Ordonner sa vie

[...] Nous devons commencer par rassembler notre énergie dans un but bien défini. Pourquoi vouloir cette union avec Dieu ? Il existe des êtres qui n'en ont pas besoin, qui se sentent bien là où ils sont, en harmonie avec eux-mêmes. Sur ce thème, les soufis racontent une anecdocte.
Un jour, un maître soufi arrive par la mer flottant sur un tapis. Parvenu sur le rivage, il rencontre un pêcheur en train de raccommoder ses filets. En voyant le maître sur son tapis flottant, le pêcheur s'exclame : « C'est extraordinaire ! Vous êtes un saint homme ! Il faut absolument que vous me montriez le chemin. » Face à cette soudaine motivation, le maître l'initie puis il repart comme il était venu. Sans tarder, notre homme commence ses dévotions. Hélas ! au bout d'un certain temps, il les oublie et se met à courir sur la mer pour rattrapper le maître : « Maître, j'ai oublié la formule, pourrais-tu me la redonner ? » Le maître répondit : « Mais voyons, tu n'en as plus besoin puisque tu es parvenu à un état supérieur au mien. Tu marches sur l'eau alors que j'ai encore besoin d'un tapis. »

Cette histoire montre à quel point notre intellect, notre mental, complique la spiritualité. C'est vrai qu'il existe des pratiques, mais elles se vivent dans la simplicité. Celui qui est uni avec lui-même et qui possède un mental qui n'est pas encombré ni éparpillé perdra moins de temps que celui qui possède un mental compliqué. D'ailleurs, je reproche à notre époque de nourrir l'homme d'un brouet d'informations superficielles qui ne peuvent que le désorienter et l'éloigner de la simplicité. Comment retrouver cette simplicité ? S'il se retrouve lui-même, l'homme retrouvera son Seigneur. Par contre, si l'homme s'éloigne de lui-même, il s'éloigne de plus en plus de Dieu. La première barrière pour l'homme moderne est constituée par sa rationalité, son manque de simplicité mentale. Il faut toujours qu'il trouve les mots pour expliquer les faits, se justifier, étiqueter... Cela occupe quatre-vingt-dix pour cent de son énergie, et il ne lui en reste plus que dix pour découvrir ce qu'il ne connaît pas. [...]