Méditation
Quand l'âme s'exerce à voir avec les yeux du Seigneur Christ,
à entendre avec ses oreilles,
à parler avec sa bouche,
à œuvrer avec ses mains,
à marcher avec ses pieds,
à penser avec ses pensées,
à sentir avec ses affections,
à vouloir avec sa volonté,
alors si elle persévère fidèlement dans ce très sublime exercice de la sainte identification,
elle peut être assurée d'avoir en soi-même le Maître infaillible avec toutes ses infinies perfections
et d'accomplir en Lui, par Lui, avec Lui et pour Lui des œuvres bonnes, des œuvres excellentes,
saintes et déiformes parce que christoformes.
La piété orientale avec son hésychasme a su condenser dans la récitation de bouche, de coeur et d'esprit de la prière de Jésus, une synthèse pratique et effective de la compénétration spirituelle. Cette ascèse orientale a attiré l'attention sur le fait que la prière est la respiration de l'âme, avec ses deux mouvements comparables à ceux de la respiration naturelle : l'inspiration du divin en l'âme et l'expiration de l'humain en Dieu.
Les moines d'Orient, ayant clos les yeux aux choses de ce monde, se sont repliés sur eux-mêmes, se sont introduits à l'intérieur de cette chambre intime, mystérieuse et profonde au plus secret de l'âme. La prière à Jésus, qu'ils disent en la faisant monter dans l'esprit pour redescendre dans le cœur, fait pénétrer toujours plus avant, en ceux qui s'y adonnent avec assiduité les sentiments du Christ Jésus.
Extrait de Spirtitualité d'un ermite celtique ;
Saint Tugdual de Saint-Dolay,
éd. Hol Levenez.
![]()
![]()
![]()
![]()
![]()
![]()
![]()
![]()
![]()
![]()
![]()
![]()