Halte du passant

Ami(e) passant(e), prends le temps de t’arrêter !
 

Nous sommes des voyageurs si pressés.

Partage avec nous cette parole comme on rompt le pain ensemble à la halte du soir.

Tu trouveras ici, une parole de la sagesse divine.

Puisse-t-elle nous unir en ce chemin intérieur

où nos différences deviennent altérité.


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Un long travail de réconciliation...

[...] Pour acquérir la paix intérieure, outre les actes « ponctuels » à poser dans les moments de combat, que je viens d'évoquer, il est nécessaire aussi de se livrer à un travail plus en profondeur, qui résume en fin de compte toute la vie chrétienne. Ce travail implique une prise de conscience de tout ce qui n'est pas pacifié en nous et une ouverture à la grâce, un cheminement simultané de guérison et de conversion, qui nous permette d'être de moins en moins le jouet des circonstances extérieures ou de nos blessures, et de trouver en Dieu une plus grande stabilité. Il y a là un vaste chantier, sur lequel nous ne pouvons donner que quelques pistes dans ce bref chapitre.

Il est intéressant de remarquer que le mot « paix » dans la tradition hébraïque, s'il désigne en premier lieu ce qui s'oppose à la guerre, a aussi le sens d'achèvement, de plénitude, d'abondance. Est en paix celui qui peut dire, comme le psalmiste : Le Seigneur est mon berger, je ne manque de rien. Le contraire de la paix devient alors le manque, la frustration, le vide, l'insatisfaction. Les deux significations se rejoignent : ce sont la plupart du temps nos manques, nos frustrations qui nourrissent nos conflits avec les autres. Nous ne supportons pas les autres parce que nous ne nous supportons pas nous-mêmes.

Rien ne s'oppose autant à la paix biblique que le vide intérieur, l'insatisfaction engendrée par une vie privée de sens. L'homme est appelé à un bonheur, destiné à une plénitude, fait pour être comblé, et ne supporte pas le vide. On voit bien dans le monde d'aujourd'hui combien le vide spirituel peut être destructeur : il engendre la violence, ou bien des attitudes dépressives, ou bien encore des recherches frénétiques de compensation. [...]

[...] Tout ceci pour dire que l'acquisition de la véritable paix intérieure ne peut faire l'économie d'une prise de conscience et d'une ouverture à la grâce divine relativement à toutes les attitudes et les comportements (plus ou moins conscients) que je viens d'évoquer. [...]

[...] l'acquisition de la paix intérieure suppose un long travail de réconciliation : réconciliation avec Dieu, avec soi-même et sa faiblesse, avec le prochain, avec la vie. [...]

Si tu savais le don de Dieu
Jacques Philippe ;
éd. des Béatitudes.