Saint Materne



Tropaire de saint Materne


De l'apôtre Pierre tu fus le disciple,
Et comme lui infatigable dans ton travail d'évangélisation,
Tu parcourus la terre des Belges
Pour l'arracher aux ténèbres de l'idolâtrie,
Et tu tiras de la mort les cinq fils d'un homme de Ciney
Pour proclamer par ce miracle étonnant
Que Christ est le seul Dieu digne d'être adoré,
Vénérable père Materne,
Prie le Christ notre Dieu de sauver nos âmes.
Amen !


SAINT MATERNE, ÉVÊQUE DE TRÈVES

Saint Materne est, dit-on, l’un des 72 disciples, et, peut-être, le fils de la veuve de Naïm ressuscité par le Christ. C'est vraisemblablement entre l'an 42 et l'an 52 que trois missionnaires, Euchère et ses deux jeunes lévites, Valère et Materne partent de Terre Sainte pour évangéliser la Gaule du Nord. Leur destination : Trêves, ville la plus importante et la plus opulente de la Gaule Belgique. Après 23 ans de travaux, saint Euchère s'éteint paisiblement à Trèves après une vie pleine de mérites. Valère lui succède, son épiscopat dure 15 ans. Materne succède à Valère, mais bien que son âge soit déjà avancé, il songe à étendre son champ d'évangélisation.

Politiquement, c'est une période relativement calme pour les Chrétiens. Rome est préoccupée de défendre ses frontières du Rhin, et ne songe pas à persécuter les croyants qui jouissent en Gaule du Nord d'une liberté relative. Materne reprend son bâton de pèlerin, il descend la Moselle et le Rhin, et y prêche la bonne nouvelle. Sa direction est Cologne, capitale des Ubiens. Materne y établit des lieux de prière, et pour les desservir, installe des prêtres chargés de conserver et de faire mûrir le fruit de son labeur. Puis il se rend à Tongres qui est alors une cité considérable au carrefour de quatre grandes voies militaires vers Bavai, Cologne, Arlon et Nimègue.

Materne a mis le pied sur le territoire qui est actuellement la Belgique. Son succès est immédiat, il y bâtit un oratoire en l'honneur de la Très Sainte Mère de Dieu. Il jette les bases de l'évêché qui sera plus tard transporté successivement à Maëstricht et à Liège. C'est pourquoi d'anciennes images le représentent tenant une église à trois clochers, Trèves, Cologne, Tongres, les trois grandes étapes de sa vie d'évangélisateur. Materne descend vers la Meuse et se met à parcourir ces rives sauvages où n'existent que de misérables huttes éparses dans les bois. Trois lieux seulement, ou plutôt trois rochers, présentent quelques habitations réunies : Namur, Maëstricht et Dinant. Materne les visite et bâtit un oratoire au pied de chacun de ces rochers. Il bâtit des chapelles aux endroits où se trouvent aujourd'hui les villes de Walcourt et de Ciney. À propos de Ciney, une légende raconte qu'un jour, les cinq fils d'un homme riche, proconsul ou gouverneur de la station de Ciney, montés sur un attelage pour une promenade dans les environs, virent leurs chevaux s'emballer et se diriger tout droit vers les étangs et marais d'Halloy. Malgré tous leurs efforts, ils ne parvenaient pas à maîtriser les animaux. En désespoir de cause, ils invoquent le Dieu de Materne. Et il n'en faut pas plus pour que les chevaux se calment et s'arrêtent au bord des étangs. De plus, en reconnaissance, le gouverneur céda un terrain pour y construire une église. Cette histoire est à l'origine du blason à cinq têtes de la ville de Ciney. Pour ce qui en est de Walcourt, c'est Materne qui, selon une vénérable tradition, sculpte de ses mains la célèbre statue de la Vierge Marie, qu'il place sur l'autel d'un oratoire dédié à la Mère de Dieu, édifié sur la colline dominant la vallée de l'Eau d'Heure, avec les débris d'un temple païen.

De retour à Cologne vers la fin de la quarantième année de son apostolat, presque centenaire, miné par les fièvres, Materne reçoit la récompense de ses travaux, et en l'an 130, rend paisiblement son âme à Dieu. Il est vénéré dans le diocèse de Liège (fête le 20 septembre) et dans celui de Namur (fête le 25 septembre). Ses reliques sont partagées entre les villes de Tongres, Liège et Trèves.

Saint Materne est fêté le 14 septembre

Tiré du livre : Saints et Saintes de Belgique au premier Millenaire de Jean Hamblenne