Saint Colomba
Abbaye d'Iona (Écosse)


Le pèlerin du Christ


Saint Colomba est né dans le comté de Donegal, de la famille royale irlandaise des Tirconaill, Colomba reçut son éducation à Moville (où il devint diacre), à Leinster et à l’école monastique de Clonard sous l’autorité de saint Finnian. Il fut probablement ordonné prêtre avant de partir pour Glasnevin. Quand la peste ravagea le pays en 543, les moines furent dispersés et Colomba passa les quinze années qui suivirent à voyager à travers l’Irlande : il fondait des monastères (Derry en 546), prêchait et convertissait la population. Un jour, une dispute survint entre Colomba et saint Finnian : le premier avait copié un psautier appartenant au second, lequel, soucieux de réserver ses droits de reproduction, revendiqua la copie en question. Colomba en appela au roi Diarmaid qui lui donna tort. Ce fut la première ébauche de la législation sur le copyright. L’affaire n’en resta pas là. Colomba incita sa famille à se battre contre les troupes de Diarmaid. Ses hommes gagnèrent la bataille mais ce fut un massacre. Certains racontent que ce fut le remords qui poussa Colomba à partir en Écosse.


L'Écosse


Colomba s’embarqua pour Iona en 563 avec douze compagnons. Il y fonda un monastère très célèbre, centre de la Chrétienté celtique. Iona fut une base pour les missions chez les Pictes du Nord. Il fit grande impression sur le roi Brude en faisant sortir le monstre du Loch Ness. On lui attribue aussi la conversion du roi irlandais Aidan de Dalriada. Colomba resta à Iona jusqu’à la fin de sa vie, mais il visita l’Irlande à plusieurs reprises. Il fonda tant d’églises dans les Hébrides qu’on lui attribua le nom gaélique Colmcille (colombe des églises). Les traditions monastiques d’Iona furent suivies dans l’Europe entière, l’ordre bénédictin finit par s’imposer à quelques-unes. Colomba passa beaucoup de temps à la fin de sa vie, à transcrire des livres. Il mourut à Iona le 9 juin 597.


Le portrait du saint


« Il avait, dit saint Adamman, une figure angélique : c’était une nature d’élite ; il était brillant dans ses paroles, saint dans ses actions, grand dans ses conseils. Il ne perdait pas un moment, toujours à prier, à lire ou à écrire ; il supportait le poids des jeûnes et des veilles sans répit. »


Faits et gestes


Toute sa vie porte l’empreinte d’une ardente et spéciale sympathie pour les travailleurs des champs. Pendant un des derniers étés, en revenant de moissonner les maigres récoltes de leur île, les religieux s’arrêtèrent émus et charmés. Baïthen, l’économe du monastère, ami et successeur de Colomba, leur demanda : « N’éprouvez-vous ici rien de particulier ? - Oui, vraiment, répondit le plus ancien, tous les jours à cette heure, je respire un parfum délicieux, comme si toutes les fleurs du monde étaient ici réunies ; je sens aussi comme la flamme d’un foyer qui ne me brûle pas, mais me réchauffe doucement ; j’éprouve enfin, dans mon cœur, une joie si inaccoutumée, si incomparable, que je ne sens plus ni chagrin ni fatigue. Les gerbes que je porte sur le dos ne pèsent plus rien, il me semble qu’on me les enlève des épaules.


Qu’est-ce donc que cette merveille ? Et tous de raconter une impression identique. « Je vais vous le dire, reprit l’économe, ce qu’il en est. C’est notre vieux maître Colomba, toujours plein d’anxiété pour nous, qui s’inquiète de notre retard, qui se tourmente de notre fatigue et qui ne pouvant plus venir au-devant de nous avec son corps, nous envoie son souffle pour nous rafraîchir, nous réjouir et nous consoler. »


Saint Colomba est fêté le 9 juin

 

Les Saints, Alison Jones ; éd. Bordas, 1995.